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Avant-Propos
Nous avons le plaisir
de présenter, dans cet opuscule, un texte extrêmement bref mais
important d’un des philosophes les plus éminents de la terre
d’Islam, Abū Naṣr Al-Fārābī, que ses contemporains et ses
successeurs ont honoré du titre de Second Maître, le premier étant
Aristote, et que les clercs médiévaux connaissaient sous les noms d’Alfarabius
ou Avennasar.
Nous n’avons pas
résisté au coup de cœur du philosophe, écrivain et poète Jean-Pierre
Faye, frappé d’admiration par ce joyau de la littérature
philosophique classique lorsqu’il a découvert la traduction
allemande que l’orientaliste allemand Friedrich Heinz Dieterici en a
donnée à la fin du XIXe
siècle après en avoir édité le texte original en langue arabe.
Jean-Pierre Faye a
consacré en 2005 un article à ce texte qu’il connaissait dans sa
traduction allemande
et c’est sa rencontre avec Ali Najib Ibrahim qui lui a permis de
retourner au texte arabe, ce qui fut fait à partir de l’édition de
Hyderābād.
Il s’en est suivi une présentation de ce texte par Jean-Pierre Faye
dans le Bulletin de la SELEFA n° 12, paru au second semestre
2008, tandis que le texte arabe lui-même était édité dans le numéro
suivant, paru au 1er semestre 2009.
Ce court texte,
longtemps passé inaperçu, a déjà commencé à attirer l’attention des
chercheurs au cours de ces dernières décennies. Traduit désormais en
plusieurs langues, il est aujourd’hui un objet d’intérêt grandissant
chez les universitaires qui discutent sur ses sources, sa
signification et son influence sur la philosophie arabe.
La présente édition a
pour ambition de faire partager à des lecteurs nouveaux, à commencer
par ceux qui sont attachés aux publications de la SELEFA et des
Éditions Gnôsis, le bonheur de découvrir un petit essai qui
est en même temps un grand texte que la philosophie arabe a offert à
la culture universelle.
Nous donnons dans des
Annexes, outre la version allemande de Dieterici, quelques matériaux
permettant de situer l’essai du Second Maître dans le contexte
historique et philosophique de son époque. Nous y faisons aussi
mention des travaux que les spécialistes de philosophie arabe et de
son histoire ont réalisés à propos de ce précieux document de
manière que le lecteur intéressé puisse s’y référer le plus aisément
possible. ■
Paris, le 1er
juin 2011
Yahya Cheikh,
Gnôsis
& Roland Laffitte, SELEFA
Pour les références de ces publications, voir plus loin dans
« Sources & traductions », p. 17-18.
FAYE, Jean-Pierre, « Al-Fârâbî, Vie à l’Horizon – Naissance
de la Métaphysique en Asie centrale », La Rose de Personne /
La Rosa di Nessuneo, n° 1/2005, p. 149-153
Voir là encore « Sources & traductions », p. 17-18.
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